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mars 27, 2006

Le rêve de la borne

Quelques jours avant la fête de la musique, la canicule s’était installée dans les vies et depuis plusieurs semaines, l’enthousiasme avait appris à survivre malgré la tentation d’une paresse bien légitime.

Pour notre héroïne, cette désagréable sensation de moiteur était relativisée par le privilège d’une piscine où tous les soirs, elle prenait plaisir à faire d’inlassables longueurs en habit d’Ève. Peu importe le voyeurisme de ses jeunes voisins qui étaient aussi ses soupirants ; l’essentielle était le ravissement que lui octroyait le frais sur les beaux restes de son corps de quinquagénaire. Pour Anne, malgré une garde-robe d’été conséquente, chaque jour lui faisait désirer une tenue encore plus légère que celle de la veille.
L’introduction au week-end aurait pu se faire sous les signes de la quiétude et d’un havre de frais, mais une autre vie l’attendait un peu plus haut dans le Nord-Est de la France et plus précisément, une localité bien loin de ses terres natales. Vendredi 15H10 : notre blonde au carré long venait de terminer son mi-temps dans un cabinet de conseil en management. Sous les regards envieux de ses collègues masculins, elle se coiffait de son foulard et après avoir décapoté fièrement son cabriolet, elle ressentait particulièrement un regard vicieux courir et remonter sur ses jambes dénudées jusqu’à mi-cuisses. Elle se retournait sur… Charles, l’un de ses élèves âgé de… 47 ans !
- Bon week-end Madame D…
L’homme, tout en rondeur, demeurait encore hypnotisé par les belles rondeurs du fessier de Anne.
- Bon week-end Monsieur Santoni !
- Bon week-end !
La petite robe d’été de la quinquagénaire distillait recto-verso des rondeurs qui n’avait laissé de marbre aucun de ses élèves. Le large décolleté arrondi n’était pas discret et, quand Anne se penchait par-dessus sa portière, sa poitrine, toute en opulence, avait la fâcheuse tendance à vouloir s’échapper. La « professeur » montait à bord de son véhicule. Elle prenait la route et affrontait les premiers ralentissements. Mais rapidement, l’autoroute lui permettait de « voler » en toute insouciance. Elle aimait ce sentiment de puissance et de sécurité, ainsi que tous ses regards virils posés sur elle par des hommes très soupçonneux.

Après une heure passée au-delà des vitesses permises, la femme au foulard commençait à « entrevoir » son but. Une centaine de kilomètres avant son arrivée, elle décidait de quitter l’autoroute pour une nationale se déroulant dans l’arrière-pays. Après une longue journée placée sous le signe des clichés, Anne avait besoin de se griser avec des paysages respirant la sérénité. Elle appréciait les odeurs des terres, particulièrement celles des foins et au-delà des senteurs, elle aimait contempler la vigueur de ses arbres gorgés de sèves qui, malgré la sécheresse, continuaient de faire éclater des teintes uniques dans la région. Elle était bien, dans quelques semaines, elle allait s’installer par ici, seule ou avec son ami, tout allait dépendre de sa capacité à revivre à deux ! Pendant trop d’année après son divorce, elle avait cru que la vie s’arrêtait à quarante ans ! Erreur ! Elle avait bien entamé la cinquantaine et à grand renfort de remède naturel, elle avait retardé les effets du temps, mais sans être dupe ! Elle savait bien qu’un jour ou l’autre, à la rentrée ou l’année prochaine, il allait falloir faire face à la vérité. Mais pour le moment, elle assurait, elle était belle et désirable, et plus que sa raison, son corps tout entier en était certains ! Quelques quarts d’heure venaient de s’écouler, quand soudain, le témoin de température d’eau se mit à interroger son attention. Elle ne comprenait pas bien ce qu’il se passait, mais malgré son errance au paradis, il fallait s’inquiéter, lever le pied pour trouver rapidement une station-service. Comme dans un rêve, avant d’aborder un rond-point en arrière d’un petit-bois, Anne apercevait ce qui ressemblait vaguement à un garage. Bien qu’il ne soit pas sur sa route, elle bifurquait pour rouler vers son unique espoir et plus elle se rapprochait, plus elle était certaine que le lieu était désaffecté. Cap à droite ! Elle ne connaissait pas cette enseigne (Dyneff) et malgré une forte incertitude, elle passait au ralenti devant le hangar, avant de s’immobiliser près d’un tout petit bâtiment qui devait être… la caisse ! Elle regardait sa montre : 16H40 ! Elle descendait de son cabriolet et avec une certaine inquiétude, elle observait les lieux tout autour d’elle : il n’y avait vraiment aucune trace de vie ! La chaleur lui faisait ôter son foulard. Alors qu’elle allait vers le hangar, un mécanicien sortait de derrière le garage.

C’était un jeune homme d’une trentaine d’année sortant à peine de l’effort, son visage était marqué par du cambouis et à sa manière de la regarder, elle concluait qu’elle n’était pas la bienvenue ! Elle s’en moquait puisqu’un sentiment étrange s’emparait soudainement de tout son corps : Anne avait un peu plus chaud ! Elle avait toujours fantasmé sur ce genre d’homme : du sportif en plein effort jusqu’à ces hommes qui avaient oeuvré un temps sur la façade de sa résidence ! Plus « le sauvage » se rapprochait d’elle et plus elle le trouvait persuasif : bien qu’un peu enrobé, plutôt trapu, le beau brun hâlé était bien proportionné derrière ses allures italo sicilienne. Découverte dans ses rêveries, elle lui esquissait un large sourire avenant, mais le mécano se la jouait blasé, plutôt prétentieux, limite agressif et teinté « racaille ». Bonjour ! J’ai quelques problèmes avec mon auto ! Ma jauge de température a commencé à avoir un coup de chaud et maintenant, elle n’est pas loin du rouge ! Pourrais-je voir un mécano ? Avec cette chaleur, rien de surprenant ! Les voitures sont à l’image des gens : elles souffrent ! Il ne faut pas vous inquiéter, vous avez une bonne voiture et les mécanos sont tous occupés ! Aller à la prochaine station ! En trois secondes, il la déshabillait du regard et revenait s’attarder sur son décolleté. Agacée, elle n’osait y croire ! Avait-elle bien compris ?! Qui était-il ce petit… con !? Oui ! Con ! Risquer de couler son moteur pour un manque de déférence ?! D’habitude, Anne était d’un naturel plutôt ouvert et philosophe, à présent, elle ne supportait pas cette arrogance simpliste ! Bien que Gianni sembla l’ignorer ou plutôt, la regarder avec des sentiments sexuels, Anne était sûre d’elle. Mais je ne peux pas repartir comme ça !!! Si je vous dérange, dites-le ouvertement ou alors, occupez-vous de ma voiture !!! Vous comprenez ce que je dis ou pas ?! Vous êtes mécano ou le livreur de pizza ???
- Vous affolez pas, M’dame !
Il s’essuyait les mains en exprimant sa nonchalance aux yeux de sa cliente qui commençait à avoir la rage et, de plus en plus la délicieuse envie de le claquer. Elle n’avait pas l’habitude qu’on discute ses ordres, mais là, elle avait envie de lui laisser une dernière chance. Pour être plus précise, elle souhaitait qu’il prenne ses aises, qu’il zippe vers le bas la fermeture de sa combinaison gris sale pour voir s’il était vraiment costaud !

- Alors ?! Il vous faut un billet pour amorcer votre cellule grise ?
- Madame : que pensez-vous des gens qui aiment souffrir ?
De son arrogance en passant par sa prétention : tout exaspérait Anne chez ce salaud au rabais et alors qu’elle allait monter d’un ton, un homme d’une soixantaine d’année s’étonnait de les voir tous les deux en plein soleil.
- Un problème Madame ? Gianni ! Retourne à la caisse ! Tu veux choper la mort ?
- Louis ! Madame pense être la seule à avoir des problèmes de chaleurs !…
- Oui ! Pardonnez-le, Madame ! Il est un peu instable !
L’homme la défiait du regard, il pointait son index dans sa direction et faisait une onomatopée du style « Ban », avant de partir vers le petit local. Au-delà de ce jeu d’enfant, ce qui glaçait Anne, c’était cette bosse qui déformait le bleu de travail de « l’handicapé ». Finalement, elle trouvait en la personne de Louis un garagiste comme elle avait l’habitude d’en trouver. Il n’hésitait pas à jeter un coup d’œil sous le capot de son allemande… Au loin, le rustre ne manquait pas de la regarder de travers derrière sa vitre et soudainement, Anne émettait de sérieux doutes sur son équilibre mental. Instantanément, Gianni descendait son zip, les pans de sa combinaison s’entrouvraient sans dévoiler son corps. Il tentait ouvertement de la séduire. La respiration de Anne montait d’un cran et son cœur commençait à s’emballer… Madame ! Il vous manque seulement un peu de liquide de refroidissement ! Je ne peux rien faire de suite, il va vous falloir attendre une quinzaine de minutes, le temps que sa tiédisse ! Je ne peux pas faire de rajout frais dans un moteur bouillant ! Allez prendre une boisson : c’est moi qui offre!
Avec apathie, il lui présentait la caisse où elle pouvait apercevoir son dingue en chaleur. Elle hésitait, pensait que ça tenue allait le rendre fou, mais en fin de compte, c’était une irrésistible envie d’y aller qui l’animait. Avec un large sourire, elle se dirigeait dans la gueule du loup…

Envoyé le 05:38 PM | Posté par Sexe | Commentaires (0)